Communiqué de presse · Jeudi 3 septembre 2026
Selon nos informations, Le Centre (GE) aurait déposé un amendement général pour réécrire l'entier du projet de Loi Climat genevois pour le vider de toute substance!
Pour les associations signataires, la méthode est aussi choquante que le fond. Un compromis construit patiemment pendant des mois ne peut pas être balayé à la dernière minute en demandant au Grand Conseil de voter sur le siège une réécriture majeure de la loi, sans examen approfondi ni travail en commission.
La loi issue du compromis vise à s’adapter face au réchauffement climatique et à réduire les émissions de gaz à effet de serre afin de contribuer à l'objectif de limitation du réchauffement à +1,5°C. La réécriture proposée remplace cette référence par un objectif “inférieur à +2°C” et affaiblit ou repousse plusieurs dispositions destinées à réduire les émissions. C’est un changement de paradigme lourd de sens. Avec cet amendement général, la loi ne s’attaque plus réellement aux causes du réchauffement climatique, mais vise uniquement à s’en protéger.
Avec cet amendement, la transition «écologique» devient transition «énergétique», les objectifs de production d’électricité photovoltaïque sont repoussés à 2040, la participation citoyenne est supprimée, les inégalités des effets du changement climatique sur la population ne sont plus prises en compte, les objectifs sectoriels de la loi fédérale sur le climat – acceptée par les Genevois et Genevoises à presque 75% – disparaissent, etc.
En matière de mobilité, il ne s'agirait plus de diminuer le trafic, mais simplement de remplacer les voitures thermiques par des électriques. Le vélo et la marche (“modes doux”) disparaissent complètement de la loi, l’électrification des véhicules tpg est repoussée de 10 ans et les objectifs sur le trafic aérien sont tout simplement biffés...
Les effets du réchauffement climatique se font ressentir plus fortement que jamais – canicules, sécheresse, pertes agricoles, orages violents, éboulements – faisant craindre de fortes tensions sur le système alimentaire à l’échelle mondiale, pouvant aller jusqu’à des pénuries. Affaiblir la politique climatique, déjà très insuffisante, au moment même où il faudrait précisément la renforcer, n’est tout simplement pas acceptable. C'est dans ce contexte brûlant que le Centre (GE) ne trouve rien de mieux à faire qu'un “coup politique” pour faire parler de lui.
Après des années perdues dans des atermoiements parlementaires – rappelons que le premier projet date de 2022! – la loi climat genevoise tant attendue serait ainsi vidée de sa substance pour être adoptée à la hâte. Sous couvert d’agir vite, il s’agit en réalité encore d’obstruction climatique.
Pour toutes ces raisons, la Coalition Climat appelle à manifester en nombre devant le Grand Conseil ce jeudi 3 septembre à 16h30, puis le samedi 19 septembre à 14h aux Cropettes pour la manifestation «Pas d’étés à 50°C!» .
Nos associations appellent les député·e·s à renvoyer le projet de Loi Climat en commission et à rejeter fermement cet amendement général du Centre.
Si celui-ci devait être adopté, les milieux environnementaux et syndicaux devront clairement examiner le lancement d’une initiative populaire pour enfin doter Genève d’un texte législatif à la hauteur des enjeux climatiques.
